Enfin dépasser la ligne,
déborder du contour, abandonner sa main.
Marcher dans les flaques,
laisser des empreintes, recouvrir,
créer des fissures, des imperfections.
Griffer la peinture dans l’épaisseur des couches,
errer sur la surface,
faire des taches, tracer, puis effacer,
accepter de se perdre,
chercher « son endroit », tel un chat.

Longtemps l’appareil photo a été mon outil favori. Il m’a permis de découvrir, d’observer, de m’approcher. Au delà de la « réalité » que les yeux perçoivent, j’ai aimé jouer avec le subjectif, construire une image, avec une émotion, une composition, des lignes, des zones d’ombre, une lumière.

Mais au fil du temps le tirage photographique m’a semblé froid, trop net, d’une surface trop lisse. La peinture (et les gestes qu’elle impose) m’a amenée à une écriture moins « parfaite », plus personnelle.
Inspirée par les traces et les marques du temps sur les rochers, l’écorce des arbres, la rouille, les vieux murs décrépits et maintes fois repeints, où apparaissent parfois mappemondes ou silhouettes, je représente des êtres humains, simples éléments du règne animal, des animaux qui ont des choses à dire, je peins les désordres du monde, ou pour me consoler, un univers de rêve et de fantaisie…

Comme l’a dit Pierre Desproges : « Un jour j’irai vivre en Théorie, car en Théorie tout se passe bien ».