Prétexte à…

faire des taches, rebelles, forcément,
improviser sur la peinture humide,
patauger, s’enliser, déraper dans les virages,
essayer l’inutile,
libérer la main gauche,
échapper à la vigilance des adultes,
chercher l’invisible, sans en avoir l’air,
rêver de couleurs impossibles,
tromper les apparences,
peindre le temps qui passe,
voyager sans billet, en solitaire,
se passer des mots,
descendre avant l’arrêt complet,
perdre conscience,
chercher ce que je cherche.

Longtemps l’appareil photo a été mon outil favori. Il m’a permis de découvrir, d’observer, de m’approcher. Au delà de la « réalité » que les yeux perçoivent, j’ai aimé jouer avec le subjectif, construire une image, avec une émotion, une composition, des lignes, des zones d’ombre, une lumière.

Mais au fil du temps le tirage photographique m’a semblé froid, trop net, d’une surface trop lisse. La peinture m’a amenée à une écriture moins « parfaite », plus personnelle. J’aime la gestuelle et la tactilité qu’elle suppose. Parfois je danse…
Les traces et les marques du temps m’inspirent, celle des rochers, des vieux murs décrépits et maintes fois repeints, où apparaissent parfois mappemondes ou silhouettes, l’écorce des arbres, la rouille… Je représente des êtres humains, éléments ordinaires du règne animal, ou bien des animaux qui ont des choses à dire. Je peins les désordres du monde, ou pour me consoler, un univers de rêve et de fantaisie…

Comme l’a dit Pierre Desproges : « Un jour j’irai vivre en Théorie, car en Théorie tout se passe bien ».